
Pour la mise au point des textes en breton, nous avons demandé à trois personnes de travailler ensemble, pensant que le travail collectif et la concertation apportent une garantie supplémentaire à ce genre d’entreprise. C’est ainsi que nous avons contacté Yvonne Arzur, Tugdual Kalvez et Jean-Claude Le Ruyet.
Le problème de l’orthographe s’est fait sentir dès le départ, tel qu’il existe aujourd’hui chez ceux qui utilisent le breton, chacun des collaborateurs pressentis ayant une approche différente de la question. En effet, à côté du système Peurunvan/
Totalement Unifié (1941) – majoritaire – coexistent deux autres sensibilités dites Skolveureg/
Universitaire (1954) et Etrerannyezhel/
Interdialectal (1975). Chacun des trois systèmes a bien entendu ses qualités propres – et ses inconvénients ! - ainsi que ses défenseurs. Mais paradoxalement, dans ce domaine, abondance nuit un peu, d’un point de vue pratique. Or depuis 30 ans, la situation est figée.
Finalement, ce texte montre ce qu’il pourrait advenir si chacun des trois systèmes existants concédait un petit quelque chose, ce qui a été fait ici : fin de la distinction entre substantifs et adjectifs à la finale pour le Peurunvan, adoption du zh pour le Skolveureg, abandon du ss pour l’Etrerannyezhel. Un rapprochement déterminant en découlerait.
Dihun ne pense pas inventer une nouvelle orthographe qui s’ajouterait aux trois autres : il s’agit plutôt d’un essai de synthèse, qui montre que celle-ci est possible pour peu que chacun fasse preuve d’un peu de souplesse. Sans préjuger pour autant des choix qui pourraient être faits à l’avenir pour atteindre le but que tout le monde souhaite dans le respect des sensibilités.
Nous laissons à nos compatriotes le soin d’apprécier notre démarche, et sommes prêts a entendre tous les points de vue.
D’autre part, point important qui n’est pas sans lien avec le précédent, nous avons tenu à intégrer un peu plu le vannetais dans ce livret, dont certaines formes sont présentes aux côtés d’autres. Il n’y a en effet, de notre point de vue, aucune raison de séparer cette composant du breton de celles qui constituent ce qu’il est convenu d’appeler le K.LT. Car professeurs de breton et souvent élèves eux-mêmes sont brassés d’un bout de la Bretagne à l’autre, et la langue pareillement ; ce brassage favorise bien entendu l’harmonisation linguistique. Dans certains cas, pour faciliter la lecture, des notes ont été ajoutées en bas de page.
C’est donc à titre doublement pédagogique que nous avons conçu ce petit ouvrage. Tout d’abord faire connaître à la génération d’aujourd’hui, qui n’a pas toujours l’occasion de faire les rapprochements nécessaires entre les choses, le sens d’un monument religieux important de notre patrimoine breton. Ensuite, donner sa place au vannetais, partie intégrante du breton, sans compter l’initiative orthographique dont nous avons parlé plus haut.
Exemple de formes synthétiques- Arru, au lieu de erru et arriù (Arru est une forme attestée en Tregor)
- Douzh, au lieu de diverses formes écrites ou orales : ouz, oc’h, doc’h, douz, deuz, dac’h, dec’h…
- Eñv : au lieu de eñ, heñv
- Kevredi : au lieu de kefredi (cf dictionnaire de F. Favereau : kev- + redi).
- -ion : marque du pluriel, généralisée, au lieu de –ien : celle-ci ne convient pas à la prononciation vannetaise, alors que –ion ne gêne pas la prononciation KLT qui connaît déjà les formes en –ion prononcées comme –ien, car non accentuées du fait de la position finale de cette terminaison : religion, komision.
- Gwilivoudiñ, au lieu de gwilioudiñ et gulvoudiñ
Exemple de formes vannetaises / formes KLT- boud = bezañ
- ma tahe = ma teufe
- e-raog = a-raog
- daet = deuet
- get = gant
- menn, e-menn = pelec’h, e-pelec’h
- moned, doned = mont, dont
- gouied = gouzoud, goaroud, gouvezoud
On peut commande cet ouvrage directement à
DIHUN au prix de 7,00 euros, port compris et aussi dans les « bonnes librairies ». Mais l’association va l’offrir à tous les élèves du cycle 3 et aux collégiens des filières bilingues de l’Enseignement Catholique.
Dihun