Immersion profonde ou partielle ?
Un enfant n'apprend pas volontiers une langue quand il ne voit pas à quoi elle sert. Son attitude est différente quand celle-ci devient un outil d'acquisition d'un savoir. Le but de l'immersion (partielle ou profonde) est de plonger l'enfant dans la langue cible afin de rétablir un certain équilibre entre la langue la plus pratiquée dans son environnement et la langue visée par le bilinguisme scolaire.
L'immersion profonde
L'usage exclusif du breton à l'école jusqu'au cours élémentaire a pour but de corriger une situation linguistique caractérisée par un désquilibre total entre les deux langues de la communauté. Les apprentissages fondamentaux se font sans le recours au français (à la traduction donc) qui compliquerait inutilement la tâche de l'enfant. C'est le paradoxe de l'immersion : on devient bilingue par... le monolinguisme.
L'autre aspect de l'enseignement immersif est son caractère intensif. Plus on passe d'heures à apprendre, plus l'apprentissage est efficace.
L'immersion partielle
Pour parler de bilinguisme et d'immersion partielle, il faut qu'au moins la moitié du temps scolaire de l'enfant se passe en breton. La répartition 50/50 entre les deux langues est à concevoir comme un minimum. C'est une donnée plus "politique" que pédagogique.
Dans tous les cas, les programmes sont les mêmes que dans l'enseignement monolingue, mais ils se font dans plusieurs langues. Exemple : en Maternelle, les activités se font en breton le matin et en français l'après-midie. En Primaire, c'est l'inverse : le matin, les cours de français et de mathématiques se déroulent en français alors que, l'après-midi, les enfants n'entendent que du breton. Ils pratiquent alors les activités d'éveil, les travaux manuels. Mais il est possible d'enseigner les mathématiques en breton et de répartir le temps consacrés à chaque langue différemment. Ce qui compte, c'est le but à atteindre : un bilinguisme équilibré.
Que choisir ?
Tout cela, selon le cas, peut se pratiquer soit avec un seul maître qui enseigne les deux langues, soit avec un maître pour chaque langue, soit suivant le système de "poste", soit avec le système de "classe".
Les nouvelles instructions du ministre de l'Education nationale permettent toutes les adaptations, parité horaire, immersion profonde, filières bilingues, écoles entièrement bilingues.